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Grille de lecture stratégique

QRM : la chasse au temps perdu

Le QRM (Quick response manufacturing) s’adresse à trois types d’entreprises : celles confrontées à des petites séries personnalisées avec des variantes multiples et des délais courts, celles désireuses de diminuer leurs stocks et leurs délais, celles pour lesquelles la réduction des temps de cycle représente un enjeu stratégique. Présentée lors des Rencontres industrielles régionales de Cap’Industrie, la méthode repose sur quatre principes :

  • Juger la performance sur les critères de temps, plutôt que sur le taux d’occupation des machines. Autrement dit penser réduction des délais plutôt que diminution des coûts. Objectif : réduire tous les moments inutiles (modifications, aller-retour, etc.) dans le traitement d’une commande.
  • Mieux travailler ensemble pour réduire le temps de passage de la commande. Il s’agit de passer d’une organisation fonctionnelle rigide à une structure polyvalente et flexible en cellules autonomes. Les spécialistes deviennent polyvalents. Les décisions se prennent ensemble. L’objectif partagé par tous est alors de réduire les délais, une notion plus simple à comprendre et à accepter que celles qui consistent à « gagner en efficacité » ou à « améliorer la performance ».
  • Valoriser la dynamique des systèmes. Rajan Suri, le fondateur du QRM, a démontré mathématiquement que, dans un environnement à forte variabilité (type et nombre de commandes), lorsqu'un système approche de 100 % de fonctionnement, le délai ne fait qu’augmenter. Contrairement aux idées reçues, face à une forte variabilité, la solution la plus économe et la plus efficace n’est pas d’augmenter le taux d’occupation d’un système ou d’une machine. Dans cet environnement, mieux vaut maintenir un taux d’utilisation des ressources inférieur à 80 %.
  • Appliquer la méthode à tous les services de l’entreprise. Production, administration, finances, recherche & développement, achats, etc. le QRM s’applique à toutes les activités de l’entreprise. Cela suppose d’inviter les collaborateurs à réfléchir ensemble à de nouveaux modes de fonctionnement. Un changement culturel important.

pi910 lean qrm

 

anonyme« Gagner du temps fait partie de l’ADN de l’entreprise. C’est donc naturellement que nous avons utilisé la méthode QRM. Il faut oser, se lancer, voir ce que cela donne et accepter les changements.

Dans l’atelier, c’est une démarche que nous avons mis en place après la réflexion menée par le groupe exploratoire QRM du CDM. Les opérateurs ont réfléchi aux moyens de réduire les temps, sans se préoccuper directement des coûts. Cela a débouché sur des solutions basiques, par exemple rapprocher certains outils du poste de travail, et sur des idées plus profondes jusqu’à la réorganisation complète de la fabrication. Nous avons amélioré notre taux de service et notre chiffre d’affaires de manière significative. La méthode nous a apporté de la sérénité et une vision nouvelle de la production et de l’entreprise. »

Landry Maillet

ABCM (CDM)