Chine : consolider son marché intérieur pour mieux rebondir à l’extérieur ?

Seule puissance mondiale à avoir retrouvé le chemin de la croissance en 2020, la Chine se recentre sur son marché intérieur, ce qui pourrait favoriser son développement sur les marchés extérieurs. Elle fait de sa stratégie systémique une force.

Le plan quinquennal chinois 2021-2025 prévoit de recentrer l’économie du pays sur le marché intérieur. Il met l’accent en particulier sur l’approvisionnement alimentaire, l’énergie et les technologies. Cette façon de réduire l'exposition et la vulnérabilité du pays aux chocs extérieurs pourrait, paradoxalement, favoriser son expansion sur les marchés extérieurs.

Concrètement, le plan quinquennal prévoit :

  • d'augmenter le PIB, au niveau des pays développés d’ici à 2035 ;
  • d'accélérer le développement scientifique et technologique, notamment dans le domaine du quantique, et la production industrielle à haute valeur ajoutée en profitant des bas coûts de production ;
  • de limiter les exportations sensibles pour garantir la sécurité nationale ;
  • de moderniser l’armée d’ici à 2027 pour renforcer sa sécurité ;
  • d'atteindre la neutralité carbone d’ici à 2060, en multipliant par 10 les capacités de production d'énergie solaire, et par 7 celles reposant sur l’éolien et le nucléaire. 

Principal atout du pays, l’importance de sa population (1,4 milliard d’habitants) favorise les économies d’échelle et l’exportation. Par exemple, la densité de la population permet au pays de concurrencer les constructeurs étrangers de véhicules électriques à l’export, tout en développant son marché intérieur. La Chine possède ainsi plus de la moitié du parc mondial de véhicules électriques.

Sa stratégie systémique et autoritaire est également un fort avantage pour la Chine. Toujours concernant les véhicules électriques, la Chine peut à la fois répondre à un problème de pollution, se doter d’infrastructures pour faciliter la commercialisation de ses produits et avoir la capacité de production et de contrôle des approvisionnements, ce qui lui permet de dépasser les contraintes réglementaires.

Autre exemple, en 2024, la Chine détiendra une capacité de production solaire de 370 GW en 2024, soit 2,5 fois celle des États-Unis et 15 fois celle de la France*.

*Source : Wood Mackenzie

De la mondialisation à la régionalisation

Le multilatéralisme n'est pas mort, il change de forme sous l'effet du numérique et de la conclusion de nouvelles alliances. A l'heure de la régionalisation des échanges, le délitement de l'Union Européenne pose question.

  • L'équilibre commercial post seconde guerre mondiale est dépassé. Les échanges physiques entre les états de la planète ralentissent, sous le coup de la guerre commerciale, des coûts du transport et des enjeux environnementaux.
  • Les États peinent à protéger ce système commercial face à la montée en puissance exponentielle des échanges numériques qui ne connaissent pas les frontières. Témoins, les GAFAM* et les BATX** contournent les législations protectrices.
  • De nouvelles alliances commerciales recréent une forme de multilatéralisme, mais à l'échelle continentale. Fortement dépendante du commerce extérieur, l'Afrique a mis en place cette année la ZLECA (Zone de Libre Échange Continentale Africaine) qui réunit 22 des 54 pays du continent. Objectif : supprimer les barrières douanières et favoriser la libre circulation des personnes et des capitaux.
  • En Asie, la Chine est à la manœuvre dans la création du RCEP (Partenariat économique intégral régional), une nouvelle zone de libre-échange qui pourrait devenir la plus vaste du monde, avec 15 pays représentant un tiers du PIB mondial et la moitié de la population de la planète mondiale.
  • Ces nouvelles alliances traduisent peut-être la volonté de créer des zones de protection, de maîtrise d’une économie plus régionalisée, pour limiter les effets d’une économie mondiale trop ouverte et trop sensible aux aléas.
  • Les entreprises devront prendre en compte ces nouvelles échelles économiques et leur dynamique propre, notamment l'accompagnement en Asie des fournisseurs de rang 1 qui cherchent à se rapprocher des marchés à fort potentiel, par exemple dans l'aéronautique.
  • Ce dynamisme contraste avec le délitement de l'Union Européenne, le Brexit, la montée des populismes, la difficulté à faire émerger des géants industriels ou l'incapacité à concrétiser une union bancaire.

*Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft.
**Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi.

Et si demain de nouveaux types d’alliances se nouaient dans les environnements numériques : quelle régulation ?

L'émergence de nouveaux espaces numériques s'accélère. De plus en plus le régalien cède la place au commercial, sans que, pour l’instant des systèmes de régulation ne viennent prévenir certaines dérives. Se pose la question de la régulation de ces nouveaux espaces. 

Deux caractéristiques autour de l’émergence d’environnements numériques

La guerre russo-ukrainienne accélère l’émergence d’environnements numériques présentant deux caractéristiques majeures : d'une part, ils constituent des systèmes inédits de relations entre acteurs, potentiellement sources de coopérations comme de conflits ; d'autre part, ils échappent à toute régulation.

Par exemple, la Russie profite des circuits de commerce libellés en cryptomonnaies pour contourner les sanctions économiques. Grâce à cela, « il serait possible de s'isoler complètement des règles internationales classiques pour s'en remettre à un marché noir international. Les cryptomonnaies remettraient ainsi complètement en cause la relation de l'État à la société », explique pour le podcast SismiqueGaël Giraud, économiste. Autre exemple avec des nouveaux collectifs de hackers qui oscillent entre cybercriminalité et cyber résistance.Dans le contexte de guerre russo-ukrainienne s’est développé des réseaux de cyber resistance pour aider l’Ukraine à faire face aux cyberattaques.

« La guerre cognitive »

Quant à l'information, médias et réseaux sociaux pourraient devenir vecteur de « soft war ». On le voit avec le risque pour la réputation des entreprises qui continuent de travailler avec la Russie. Ce que François de Cluzel, responsable de NATO Act Innovation Hub, Université́ de Laval au Québec appelle la « guerre cognitive » : « La guerre cognitive est une menace émergente de la guerre moderne. Elle cherche à modifier ce que les gens pensent et leur façon d’agir, notamment en polarisant l’opinion et en radicalisant les groupes. Elle positionne l’esprit comme un espace de combat. Elle peut inciter les gens à agir d’une manière qui peut perturber ou fragmenter une société ».

Un autre espace pourrait bien bouleverser les écosystèmes numériques. Le métaverse propose des espaces virtuels immersifs dans lesquels il serait possible de travailler, jouer, socialiser, assister à des événements, etc. Des réseaux pourraient se constituer, comme dans le monde réel, proposant de nouvelles relations commerciales, de nouvelles communautés, des groupes politiques, etc. « Pourquoi pas, avec le métaverse, avoir une seconde vie, une seconde activité professionnelle, communiquer, gagner de l'argent ? », s'interroge sur France Info Julien Pillot, économiste et enseignant-chercheur à l’Inseec (Institut des hautes études économiques et commerciales).

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De nouvelles réglementations en lien avec lemétaverse

D’ores et déjà, se pose la question de la régulation de ces futures relations socio-économiques virtuelles. Et si, demain, les avatars étaient dotés de droits et de devoirs, acceptés, par exemple, dans les conditions générales d’utilisation de la plateforme qui édite l’espace virtuel, ainsi que de leur propre régime de responsabilité ?

Cité dans InCyber, Pascal Coillet-Matillon, doctorant en droit à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, estime que « si l’investissement dans le métaverse devient important à l’avenir, il sera nécessaire que chacun des États veille à ce que ce qu’il interdit dans la vie réelle ne soit pas permis dans le métaverse, pour que la cohésion sociale dont il est le garant ne soit pas fragmentée à cause d’une sorte de schizophrénie juridique ».

De nombreux pays réfléchissent à de nouvelles réglementations en lien avec le métaverse. La Chine travaille sur son propre monde virtuel qui combinerait réseaux sociaux, services de streaming et plateformes de jeu vidéo. 

Les géants du net à la conquête des câbles sous-marins et des satellites

Au-delà du métaverse, l’Europe cherche à réguler l’ensemble des acteurs du numérique. Le Digital Services Act, qui entre en vigueur en 2023, définit des règles de responsabilité des fournisseurs de services et leurs obligations de transparence, ainsi que les pratiques illicites et les sanctions encourues en cas de contournement.

Cette régulation est d'autant plus importante au moment où les géants du net tendent à devenir propriétaires des réseaux de câbles sous-marins et des satellites, auparavant propriété des États. Ces moyens de télécommunication, qui relèvent de la dimension régalienne, notamment pour des raisons de sécurité́ nationale, basculent dans le domaine commercial.

Les GAMAM disposent des moyens de financer leurs propres câbles, à l’image du câble Dunant, propriété de Google, qui relie la France aux États-Unis, ou du câble Peacere, appartenant à la société́ Hengtong, qui relie la Chine à Marseille. Cité dans Usbek&Rica, Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux internationaux d’Orange 4 estimait en 2020 que « il y a 10 ans, 5 % des câbles étaient contrôlés par les GAMAM. Aujourd’hui, c’est 50 % et ce sera 95 % d’ici à 3 ans »

Les géants du net partent à la conquête de l’espace à l'image d'Elon Musk et sa constellation Starlink, pour assurer en Ukraine le pilotage des réseaux de drones et une couverture réseau minimum dans les zones coupées du réseau terrestre. « Elon Musk avec Space X est un nouvel acteur des relations internationales au même titre que les États. Pour le gouvernement américain, par le biais des acteurs privés, il s’agit d’une manière d’intervenir sans mobiliser directement l’État », indique Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, sur France Culture.

Autre exemple, le partenariat entre Amazon et Airbus mettra en orbite une partie des 3 236 satellites (future constellation Kuiper) du géant du net, destinés à diffuser l’Internet à haut débit sur toute la planète d’ici à 2030.

Maxime Puteaux, conseiller industrie au sein du cabinet Euroconsul, développait sur France Culture pour La méthode scientifique , « les nouveaux acteurs privés du spatial poussent les États à acheter, non plus des équipements, mais des services, la location d’une antenne par exemple. L’espace s’est au final rapproché du monde de l’information et, ce faisant, il a perdu sa dimension régalienne (programme propriétaire des États) (...) Les intérêts spatiaux sont devenus de plus en plus économiques ».

Point de vue

« Je suis inquiet sur la façon dont le numérique se déploie. Cela va créer des fractures internationales entre ceux qui pourront monter dans le train du digital et les autres. On a créé des monstres qui dominent nos GPAO ( Gestion de la Production Assistée par Ordinateur )  et nos CFAO (Conception et fabrication assistées par ordinateur) . […]Notre logiciel de GPAO a été racheté par un groupe mondial énorme qui nous facture 5 fois plus cher. Ma stratégie consiste à me tourner vers l'open source en embauchant un jeune ingénieur d'une start-up. », un dirigeant industriel 

JLTraineau « L’Europe et la France doivent conserver leur indépendance face à l'hégémonie numérique des États-Unis. Les états doivent aujourd'hui faire face à des individus puissants financièrement (Elon Musk, Jeff Bezos, etc.). C'est tout l'enjeu de la digitalisation des entreprises sans les rendre vulnérables et dépendantes. »

Jean-Luc Traineau, Bibus France

OlivierLeboissier « Avec la privatisation des réseaux à des coûts de plus en plus exorbitants, nous allons revenir à des modèles plus intégrés et contrôlés, afin de maîtriser et protéger nos services en ligne, nos savoir-faire et nos données. »

Olivier Leboissetier, Reality Cad

CyrilleGuilloux " Certains fournisseurs veulent nous imposer de devenir locataire de notre ERP placé dans un cloud, officiellement basé en France, en fait, là où c'est le moins cher. Tout cela bien sûr pour un prix bien différent de l'actuel, en l'occurrence  + 265 %… La vie de mon entreprise va dépendre d'un cloud à l'autre bout du monde et d'une box chinoise. Cela ne fait pas rêver. »

Cyrille Guilloux, Atouts Plastiques

Et si la course mondiale à l’hydrogène modifiait la géopolitique de l’énergie ?

L’hydrogène apparaît comme la principale alternative décarbonée aux énergies fossiles. Les tensions énergétiques pourraient accélérer des programmes prévus sur le long terme et redessiner rapidement les relations géostratégiques selon l’analysede Philippe Copinschi, expert des questions énergétiques internationales et africaines.

 La course mondiale à l'hydrogène s'accélère du côté des grandes puissances bien sûr, mais également d'autres pays qui sont actuellement dépendants des énergies fossiles. L'Australie, le Maroc, le Chili et l'Inde pourraient ainsi devenir exportateurs d'hydrogène vert alors qu'aujourd’hui ils importent du pétrole et/ou du gaz naturel. À l'inverse, certains fournisseurs historiques d'énergie fossile font face à d’importantes difficultés : le Moyen Orient et l’Afrique du Nord souffrent du manque d’eau, la désalinisation de l’eau de mer risquant de renchérir le coût de production. De son côté, la Russie peine à trouver les capitaux et les partenaires indispensables au développement des infrastructures et ce bien avant la guerre russo-ukrainienne. 

67 000 tonnes d’hydrogène par an

Certains pays anticipent ce changement des rapports de force. L'Allemagne joue la carte de la « diplomatie de l’hydrogène », en signant des accords avec l’Inde, le Canada pour devenir un importateur privilégié d’hydrogène vert.

D’autres investissent : les États-Unis s’appuient sur leur parc de 96 centrales nucléaires pour produire de l’hydrogène en grande quantité ce qui leur permettrait d’être les plus compétitifs sur le marché. La Chine a lancé un projet en Mongolie combinant parcs solaires et éoliens, pour produire 67 000 tonnes d’hydrogène par an.L’Arabie Saoudite annonce la construction de la plus grande centrale de production d’hydrogène vert au monde. Elle comprendra 120 électrolyseurs de 40 mètres de long ainsi que des installations solaires et éoliennes ayant une puissance totale de 4 gigawatts.

3 phases de bouleversements géopolitiques

En parallèle, la course à la suprématie technologique est lancée. L’Observatoire de la sécurité des flux et de matières stratégiques de l’IFRI (Institut français des relations internationales) anticipe 3 phases de bouleversements géopolitiques, liées à l’hydrogène vert :

  • à court terme (d’ici 2030), la fabrication d’équipements stratégiques tels que les électrolyseurs et les piles à combustible ;
  • à moyen terme (autour de 2030), la production d’un hydrogène vert concurrentiel avec l’hydrogène bleu (produit à partir de gaz naturel) à l’échelle mondiale, certains pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil étant plus en avance que les autres ;
  • à long terme (après 2030), la relocalisation des industries vers les pays dotés d’un vaste potentiel d’énergies renouvelables. 

Ce calendrier de développement pourrait s’accélérer, si la hausse des prix du gaz rendait moins compétitif l’hydrogène bleu considérée comme plus économique que l’hydrogène vert.

La question du transport devient essentielle

L’Europe mise sur l’hydrogène vert qui pourrait couvrir de 9 à 14 % de ses besoins énergétiques avec l’hydrogène vert en 2050.

La France va engager 9 milliards d’euros d’ici à 2030 pour développer une filière industrielle de production d’hydrogène par électrolyse. Plusieurs gigafactories d’électrolyseurs sont déjà̀ en chantier : John Cockerill à Aspach (Haut-Rhin) en 2022, Genvia (CEA et Schlumberger) à Béziers (Hérault) en 2023, GTT Elogen à Vendôme (Loir-et-Cher) en 2025. En Allemagne, Siemens Energy inaugurera son usine en 2023. Des « vallées de l'hydrogène » vont se déployer en Europe pour interconnecter les différents sites européens.

Outre les enjeux techniques et d’organisation de filières, la question du transport devient essentielle. Des recherches portent sur la transformation de l’hydrogène en gaz, notamment l’ammoniaque, pour le transporter sans avoir recours à des températures très basses et à de fortes pressions. Autre enjeu qui intéresse les mécaniciens : l’adaptation des canalisations fragilisées par le transport sous forme gazeuse avec la nécessité de repenser les vannes et les pompes.

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Si l’hydrogène apparaît toujours comme la principale alternative aux énergies fossiles, la fusion nucléaire, technologie de rupture majeure, mobilise de nouveaux acteurs, tels Google ou Goldman Sachs.

Au point d’être plus rapidement opérationnelle que la solution hydrogène ?

1602854314732« Des recherches portent actuellement sur la transformation de l’hydrogène en gaz. Il s’agirait de combiner l’hydrogène avec du CO2 récupéré́, afin de produire du méthane plus facilement transportable sur les réseaux existants. » 

Bertrand Bello, équipe Veille technologique & stratégique du Cetim.

image-20210318-13-1b4d5ph« Il sera crucial de développer un marché complètement intégré́ et bidirectionnel au niveau de l’UE. L’objectif est d’avoir des flux allant du Sud vers le Nord pendant l'été, lorsque l’Espagne ou l’Italie pourront produire beaucoup d’hydrogène vert à partir d’énergie solaire et l’exporter vers les pays scandinaves par exemple. Puis, il s’agira d’inverser les échanges du Nord vers le Sud pendant l'hiver, lorsque le vent en mer du Nord soufflera plus fort et que les pays riverains pourront exporter des surplus vers les pays de la Méditerranée. »

Philippe Copinschi, enseignant à Paris School of International Affairs, Sciences Po

Industrie manufacturière : quels besoins en électricité à l'horizon 2050 ?

Entre + 35 % et + 235 % selon les différents scenarii de réindustrialisation : telles sont les augmentations de consommation d'énergie de l'industrie manufacturière estimées d’ici 2050 par l'Union des industries utilisatrices d'énergie (Uniden), sur la base d’une hypothétique réindustrialisation de la France. Principaux secteurs consommateurs : la chimie organique de base, la sidérurgie et les industries agroalimentaires.

Ces niveaux de consommation pourraient conduire à des rationnements ou des délestages, à l’instar de la province du Liaoning en Chine qui a étendu les coupures de courant des industriels au réseaux résidentiels.

Seule solution pour sortir du cercle vicieux de l'approvisionnement et des prix de l'énergie, selon les experts : baisser la consommation de l'industrie et de l'agriculture sur le long terme, plutôt que de pallier les hausses pour les ménages par des mesures tampons.

Difficile pour les industriels de se positionner dans un environnement si mouvant. Un groupe de travail vient d’être créé́ avec les principaux fournisseurs (EDF, Engie, etc.), afin de mettre en place de nouveaux contrats long terme, à des conditions prévisibles et compétitives, pour leurs approvisionnements en gaz et en électricité́ décarbonée.

Le salut pourrait passer par des innovations énergétiques. Entre le système de  pile à combustible à base de papier et d'enzyme, les solutions à partir de la catalyse pour réduire l’énergie consommée en production, ou le voilier-usine autonome pour produire de l’hydrogène au large, les chercheurs ne manquent pas d'idées innovantes.

lefebure_eloft« Le coût de l'électricité constitue un axe stratégique sur la conception de nos logements modulaires à ossature bois. On va tendre vers la maison autonome, parce que les industriels qui consomment beaucoup d'énergie vont devenir prioritaires sur l’accès à l’énergie. »

Edouard Lefébure E-loft

Photo Guillaume Ferre HD« Pour la construction de notre nouvel atelier, les énergies renouvelables sont devenues un sujet prioritaire, depuis que nous avons subi une hausse de 40 % des prix de l'énergie. Nous envisageons désormais un bâtiment permettant une partie de l’approvisionnement d’électricité à base de photovoltaïque, d'éolien ou de biogaz. »

Guillaume Ferre, GF Palette

JOEL Varescon« La hausse brutale des prix de l'énergie a une incidence directe sur notre rentabilité. Elle nous oblige à augmenter nos prix de 7,5 % et nous conduit à repenser nos process de séchage de pièces et de peinture poudre avec des énergies renouvelables. Le retour sur investissement devient plus intéressant. Cela nous permettrait de réduire notre facture énergétique, tout en limitant nos émissions de CO2. »

Joël Varescon, Optitec

L'Asie, 1ere zone de libre échange au monde

Huit ans de négociation ont abouti, le 15 novembre 2020, à la signature du Partenariat Régional Économique Global (RCEP*), une zone de libre échange qui rassemble 15 pays asiatiques**. Cet accord commercial, le plus important au monde, couvre deux milliards d’habitants et représente 30 % du PIB mondial.

La Chine est bien sûr à la manœuvre. L’accord lui permet de développer ses routes de la soie. Le pays s’intéresse également à la Russie et participe aux gigantesques projets en Sibérie orientale, à l’image de l'usine pétrochimique de Sibur, le numéro un russe de la pétrochimie, auquel est associé Sinopec, le géant chinois de l'énergie. Huit à neuf milliards d’euros ont été investis dans ce complexe qui répond à la demande chinoise croissante en polymères (+ 6% / an).

Autre exemple, les 3 000 km du gazoduc sino-russe qui connectera les gisements de Sibérie orientale à la frontière chinoise. Gazprom estime le coût à 45 milliards d’euros, pour une capacité en 2022-2023 de 38 milliards de m3/an, soit 9,5 % du gaz consommé en Chine.

Mais l’hégémonie territoriale chinoise inquiète et pourrait se heurter à la montée d’une nouvelle puissance internationale : la zone indopacifique qui « devient la clé de la configuration de l’ordre international au XXIe siècle », selon un document stratégique de l’Allemagne. Chaque année, les porte-conteneurs qui la traverse transportent l’équivalent de 5 000 milliards de marchandises. Elle renferme également d’importants gisements pétroliers et gaziers. Une défense indopacifique se structure pour faire face à la Chine, à laquelle s’allient les États-Unis, l'Inde, l'Australie et le Japon.

* Regional Comprehensive Economic Partnership)

**L’accord rassemble les dix pays de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud Est) : Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam. Auxquels s’ajoutent 5 pays : Australie, Chine, Japon, Corée du Sud, Nouvelle Zélande.

La géopolitique a-t-elle un impact direct sur la stratégie de l'entreprise ?

Pour certains, les soubresauts géopolitiques ne font que confirmer leur stratégie qui vise à sortir de différentes formes de dépendance. Pour d'autres, ils modifient leur approche des marchés, notamment à l'international.

La guerre russo-ukrainienne semble accélérer les mutations en cours dans les relations internationales : alliances à géométries variables nouées au gré des intérêts du côté de l'Asie, montée en puissance de l'Afrique, importance de la question énergétique qui pourrait rebattre les cartes géopolitiques, changement dans les environnements numériques, avec le développement du metavers et de la cryptomonnaie, etc. Ces évolutions ont-elles un impact sur la stratégie de l'entreprise ?

 Un impact sur les marchés de l'international proche

De fait, la crise de l'approvisionnement en matière premières, en composants et en compétences pourrait dessiner de nouvelles formes d’organisations, plus flexibles. Plus directement, la guerre sur le sol européen a un impact sur les marchés de l’international proche. Par exemple, certains industriels renoncent à s'implanter en Ukraine, voire dans les pays avoisinants. Les risques géopolitiques et les conséquences économiques du conflit russo-ukrainien s’élargissent à l’Europe de l’Est. « Les organisations réfléchissent aujourd'hui aux effets de bords qui pourraient survenir dans les pays limitrophes de l'Ukraine, comme la Pologne, la Roumanie et la Hongrie », illustre François Beaume, vice-président Risks and Insurance.

L'heure est à l'anticipation

Les dirigeants industriels sont conduits à s'interroger davantage sur les effets des risques à l’étranger sur leur stratégie de développement. « La géopolitique et les conflits mondiaux n’étaient pas forcément des données que nos commerciaux prenaient en compte pour cibler un marché à l’étranger. Désormais, nous allons beaucoup plus consulter les acteurs à l’étranger, tels que les ambassades, qui pourront nous donner des indications sur la stabilité du pays », souligne un dirigeant industriel.

 Le rapprochement de la Chine et de la Russie est une hypothèse envisagée par des dirigeants industriels basés à l’international. Cette perspective remet en question leur posture vis-à-vis de l’Asie, à la fois synonyme d’opportunités d’exportations et potentielle zone à risques géopolitiques. Devront-ils, du jour au lendemain, rapatrier leurs activités ?

« Il y a un risque vis-à-vis de la Chine que je ne voyais pas auparavant, souligne un dirigeant industriel. La menace d’un rapprochement entre la Chine et la Russie est plausible et j’anticipe le fait que, demain, l’Europe puisse nous demander de quitter la Chine pour protéger notre souveraineté. »

Pour autant nombre d'industriels ne voient pas dans ces évolutions géopolitiques matière à changer réellement de stratégie. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu'elles ne font que confirmer leur politique. C'est le cas de ceux qui ont engagé des politiques de diversification des marchés et des sources d'approvisionnement, pour sortir d'un état de dépendance. C'est aussi le cas d'autres industriels qui, depuis quelques années, réfléchissent à de nouveaux modèles de développement fondés sur l'économie d'usage.

BettyBoland« Comment raisonner autrement qu'en augmentation du chiffre d'affaires et se repositionner sur tout ce qui est économie de la valeur et de la fonctionnalité ? Comment prendre de la hauteur, changer de prisme et travailler sur l'usage et la valeur des choses ? »

Betty Boland, Kaecia Kuhnke 

Dominique Murzeau« Avant, nous pensions mondialisation, sans nous préoccuper des destinations. Aujourd'hui, nous nous posons davantage la question de la localisation. Faut-il être implanté partout pour être sûr d'avoir un futur, quels que soient les événements géopolitiques ? Cela change notre perception de la mondialisation. »

Dominique Murzeau, Colart

« La cryptomonnaie, qui reste tabou dans l'industrie, et le metaverse auront un impact sur ma stratégie dans un avenir proche. Mieux vaut s’y mettre dès maintenant. Le metaverse peut notamment procurer des outils de recrutement performants. C’est un sujet dont on discute déjà dans mon entreprise même si le cadre juridique est encore un peu flou ».

Faride Guerras, G-FIM 

La puissance systémique de la Chine : découvrez un nouveau signal

Vidéo:

La Chine adopte une nouvelle posture et affirme sa puissance au regard de sa stratégie systémique . Nous vous proposons de découvrir via cette vidéo ce nouveau signal présenté par Anaïs VOY-GILLIS, docteure en géographie à l'Institut Français de Géopolitique et consultante chez June Partners.

 

La relocalisation a-t-elle un sens économique ?

Vidéo:

« Une hirondelle ne fait pas le printemps ». Ce n’est pas parce que les industriels français se sont mobilisés pour produire des masques ou des respirateurs que la relocalisation est en marche. 

Pour autant la question est posée en ce terme, portée par un discours politique volontariste sur la souveraineté du pays notamment dans des secteurs vitaux tels que le médical ou l’alimentaire. Ce discours se heurte à une réalité économique : l'impératif de compétitivité. L'État lui-même, après avoir incité des industriels à fabriquer des masques, ne s'est-il pas approvisionné en Asie ? 

Le critère coût reste le principal facteur de décision des grands groupes, notamment dans les filières durement touchées par la crise comme l'aéronautique ou l'automobile. L’acculturation des acheteurs autour du coût d’usage, avec notamment l’intégration du critère de l’environnement dans leur analyse, apparaît comme essentielle. 

L'enjeu est la réindustrialisation de la France. Cela passe certes par un environnement fiscal favorable, avec notamment la baisse annoncée des taxes de production, et par le Plan de relance, mais surtout par la capacité à créer de la valeur dans l’Hexagone. Comment ? En produisant mieux, en détectant les nouveaux comportements des utilisateurs et en s’orientant vers des filières d’avenir. La transition écologique offre ainsi de belles opportunités, à condition de ne pas se tromper d’objectif. Illustration par cette réflexion d’un industriel : « Plutôt que de dépenser l’argent pour relocaliser des fabrications de batterie, ne vaut-il pas mieux prendre de l’avance et investir sur les technologies de stockage vertes, sur l’hydrogène ? ».

Reste que la réindustrialisation interroge également le rapport de l'industrie avec son territoire.

anonyme« Je crois résolument que l'on peut relocaliser des activités industrielles en France, à condition de développer la bonne valeur ajoutée dans l'Hexagone. Pour cela, il ne faut pas uniquement compter sur les grands donneurs d’ordre, mais miser sur l'intelligence des réseaux, la constitution d'alliances et la création de valeurs collectives. »

Grégory Challamel

Bosch Automotive

anonyme« Depuis le mois de mars, il a fallu naviguer et prendre les bonnes décisions au bon moment. Je ne crois pas à une relocalisation accompagnée d'une hausse des coûts. Pour s'en sortir, il faut être visible de ses clients et proposer des solutions complètes, ce qui nécessite parfois de se regrouper à plusieurs PME. Je suis confiant dans l’avenir. Comme toutes les tempêtes, celle qui s'annonce est aussi porteuse de belles opportunités. »

Didier Jéhanno

Aegis Plating

Podcast - Enjeux technologiques et partenaires financiers

Dans ce podcast, vous retrouverez des éléments portant sur le lien entre machines et émotion, vers plus de profils chercheur/ingénieur demain? L'enjeu de l'informatique quantique dans les prochaines années. Ce podcast traite également des nouveaux modèles financiers et bancaires.

{https://soundcloud.com/prospective-industries/podcast-enjeux-technologiques-et-partenaires-financiers/s-lLzKoMfEyuq}

Podcast - Relocalisation : de l'aspiration...à la mise en oeuvre ?

Le discours volontariste de relocalisation se heurte à la nécessaire compétitivité des entreprises et à la polarisation des acheteurs des grands groupes sur le seul coût d’achat. Cela n’empêche pas l’entreprise de s’ancrer dans les territoires au cœur d’un projet sociétal porté par les collectivités.

{https://soundcloud.com/prospective-industries/relocalisation-de-laspiration/s-0E8dabgqIGY}

Podcast: Environnement macroéconomique

Bénéficiez des signaux - dans ce 1er podcast- issus des rencontres Prospective Industries de décembre 2021. Les signaux traitent des nouvelles alliances géopolitiques, de la géopolitique de l'énergie et transition énergétique, des ressources énergétiques et de la réindustrialisation , de la thématique autour des nouvelles législations et de la finance.

{https://soundcloud.com/prospective-industries/geopolitique}

Podcast: Environnement macroéconomique partie 1 - Nouvelles alliances

Découvrez dans ce podcast de nouvelles alliances dans la géopolitique mondiale ainsi que le lien Europe industrielle / Chine et les répercussions que cela pourrait avoir pour l'industrie européenne.

{https://soundcloud.com/prospective-industries/podcast-1-environnement-macroeconomique-partie-1-nouvelles-alliances/s-SSryVy8KiZL}

Podcast: Environnement macroéconomique partie 2 - Approvisionnement

Quelles nouvelles gestions des stocks,nouvelles localisations face aux enjeux liés aux approvisionnements en matières premières ? Cette question des approvisionnements est critique dans les entreprises, tous secteurs de production confondus. Prospective Industries s’est demandé quels sont mécanismes et qu’est ce qui va se passer à moyen long terme aux niveaux macroéconomique, sectoriel et de l’entreprise ?

{https://soundcloud.com/prospective-industries/podcast-environnement-macroeconomique-partie-2-approvisionnement/s-y1d12JqZDmF}

Quand le conjoncturel et le structurel fusionnent

Avec les crises, les tendances de fond, tels que l'épuisement des ressources naturelles ou le réchauffement climatique, remontent à la surface. Avec à la clé : une accélération des transitions.

La succession des crises internationales (Covid, guerre en Ukraine), qui relèvent du conjoncturel, font émerger des tendances de fond, dont la dimension est structurelle, au point que les deux dimensions (conjoncturelle et structurelle) tendent à se confondre.

En effet, ces crises ont un impact sur de multiples aspects : les relations internationales, l’énergie, les matières premières, la sécurité́ alimentaire, les flux logistiques, les prix, etc. Avec des incidences à tous les niveaux : à l’échelle mondiale comme pour les pays, les entreprises et les particuliers.

 

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Source: Prospective Industries 

Ainsi, la crise russo-ukrainienne (conjoncturel) met en évidence la dépendance européenne aux gaz et hydrocarbures russes (structurel) et oblige les États à chercher à court terme des circuits d’approvisionnement alternatifs (conjoncturel). Elle a contribué à accélérer la transition énergétique de l’Europe vers les énergies renouvelables, engagée sur le long terme (structurel). De son côté la crise sanitaire replace la relocalisation et les circuits courts au cœur des politiques industrielles

Les phénomènes conjoncturels tels que la hausse des prix et des délais d'approvisionnement, la relocalisation ou les sanctions économiques se trouvent intimement liés à des lames de fond qui, elles, sont structurelles comme la dépendance aux énergies fossiles, la pollution, l’épuisement des ressources, les limites de la mondialisation, la fragilité des démocraties et la montée des populismes, etc.

Les crises rendent plus aiguës des tendances de fond qui remontent brutalement à la surface : le temps long qui les caractérise normalement coïncide davantage avec le court terme de l’action. Cela raccourcit les délais nécessaires aux transformations et accélère les transitions environnementales, économiques ou politiques, avec, pourquoi pas, une nouvelle organisation du monde en toile de fond.

 

Photo vague: Copyright Benoist CLOUET 

Point de vue

« Il faut casser les fondamentaux, les certitudes pour repenser le service et l'ADN de ce que l'on vend au client. Si on ne le fait pas d'autres vont apparaître sur le marché et nous éliminer. »

Hervé Tilloy, 3-6-9 Mois

 

« Quelle sera la prochaine crise ? Le monde est anxiogène et beaucoup cherchent des zones de confiance pour restaurer un lieu de vie serein. L'entreprise peut jouer ce rôle et redonner du sens. » 

Franck Lamiré, Orhand

Thierry Troesch, président de la CCI des Côtes-d'Armor - Agence API« Les crises deviennent une sorte de normalité et font partie de notre quotidien. Il faut l’accepter … ou bien changer de métier ! Plus que jamais, nous devons continuer à être innovants, agiles, proches de nos clients et de nos fournisseurs. »

Thierry Troesch, ST Industries

Cyrille Guilloux« Beaucoup de choses nous interrogent, notamment sur le sens de l'entreprise. Faut-il continuer la course à nos 10 % de hausse annuelle du chiffre d'affaires et à la surconsommation ? »

Cyrille Guilloux, Atouts Plastiques

 

Sécuriser les données industrielles européennes face à la montée en gamme de la Chine

Fini le temps où l'économie chinoise était fondée sur la copie des produits occidentaux. L'heure est aujourd'hui à l'innovation et à la montée en gamme. Améliorer l'exploitation des données devient ainsi un axe fort de la stratégie économique chinoise, pour s'orienter vers une approche de service créatrice de valeur, comme le font les occidentaux.

La Chine accélère également sa transition industrielle et énergétique pour se positionner dans la compétition internationale, tout en répondant à la pression de ses habitants concernant la pollution : remplacement des centrales à charbon par le nucléaire dans son pays, panneaux solaires sur les toits des usines, lancement d'un marché carbone, etc.

Pour monter en gamme, la Chine structure son approche de l'innovation avec :

  • la construction d'un centre national d'innovation technologique, pour promouvoir le collaboratif et l'interdisciplinarité ;
  • le lancement d'une « Faculté des circuits intégrés » pour limiter sa dépendance dans le domaine des semi-conducteurs ;
  • une nouvelle « diplomatie de l'innovation », pour s'intégrer dans les réseaux internationaux, via les routes de la soie ;
  • les dépôts de brevets et une influence de plus en plus grande dans les comités techniques internationaux de normalisation.

Face à cette offensive, les Européens se mobilisent autour de l'exploitation des données sur laquelle se fonde désormais toute valorisation industrielle. Via des plateformes, l'Union Européenne réfléchit à mutualiser les données industrielles, filière par filière, afin de protéger les entreprises de l'utilisation de leurs données par des puissances étrangères. Ainsi, le projet franco-allemand Gaia-X vise à créer un moteur de recherche des fournisseurs de clouds européens.

Par ailleurs, la Commission Européenne pilote un observatoire des technologies critiques qui recense les domaines de dépendance de l’Europe et leur niveau dans la chaîne de valeur. Il s'agit de sécuriser les investissements du Plan de Relance et de les orienter vers les axes stratégiques.

TomDeJong_140_200« Les Européens et les Américains s’alignent sur les normes ISO. Les Chinois devront s’adapter mais on peut s’attendre à ce qu’ils soient fortement représentés dans les comités pour tirer les normes vers leurs intérêts. »

Transition énergétique : un levier de la relance ?

La transition énergétique est présentée comme l’un des principaux leviers de la relance française. Encore faut-il dépasser certains paradoxes.

 

  • La France affiche des ambitions fortes. En témoignent les subventions importantes pour les énergies renouvelables (7 milliards d’euros en 2021, 3 à 5 milliards d’euros par an jusqu’en 2028) ou certaines mesures telle l’interdiction du chauffage à gaz dans les constructions neuves à l’été 2021 pour les maisons individuelles, en 2024 pour les collectifs

 

  • Dans le même temps, les aides à la transition énergétique, qui représentent 30 % des 100 milliards d’euros du Plan de relance, sont limitées à deux ans. Un délai trop court pour mettre en place des projets à moyen et long terme. Le message sur la transition écologique est également brouillé par certaines décisions : l’État pourrait ainsi se porter garant de prêts auprès des banques pour l'immense projet gazier de Total dans l’Arctique russe.

 

  • Principal acteur de l’énergie en France, EDF se convertit aux énergies vertes avec l'annonce de la première centrale nucléaire à énergie négative qui alimentera 6 millions de foyers anglais, tout en « aspirant » les gaz à effet de serre. L’opérateur EDF lance également la plus grosse obligation convertible verte au monde, pour financer des projets contribuant à la transition écologique.

Par ailleurs, EDF investit essentiellement dans le nucléaire. D’ici à 2030, ses capacités de production en énergies renouvelables ne devraient croître que d’1,5 GW par an.

  • Les mouvements citoyens affichent également des contradictions. D’un côté, on réclame de favoriser le recours aux énergies renouvelables en défendant une logique de circuit court avec une production d’énergie locale.
    D'autre côté, les collectifs se multiplient contre les éoliennes.